La MAYENNE des Jean Arthuis, Guillaume Garot, François Zocchetto et Yannick Favennec dans toute sa splendeur de REPUBLIQUE BANANIERE... où les pouvoirs économiques, politiques, sociaux...sont entre les mains d'une ultra-minorité d'acteurs qui se croient tout permis ! Le site évolue vers la défense des expulsés de certains C.H.R.S. parisiens, et l'actualité de la Tunisie 2ème pays natal du fondateur.
Nous avions publié cette analyse de JEAN YVES DELORT en septembre 2009, et nous pensons qu'elle mérité une relecture à la veille des dernières élections cantonales en Mayenne la semaine prochaine (VOUS ALLEZ ELIRE DES GENS INUTILES PENDANT 3 ANS, qui vont encaisser chacun et par mois un minimum de 2 300 €...soit en 3 ans = plus de 90 000 € - le prix d'une sympathique petite maison dans la plupart des villages qui se meurt de la Mayenne-...)
Nous serions très honorés et nos lecteurs aussi, si JEAN YVES DELORT nous adressaient régulièrement son analyse politique sur la Mayenne, ou sur la FRANCE, c'est avec grand plaisir que nous lui donnerions la parole et publierions ses propos...
C'est avec grand plaisir que nous ouvrons notre média à un "important" connaisseur du monde politique , social et économique de la MAYENNE : Monsieur JEAN YVES DELORT, l'ex-redacteur en chef du COURRIER DE LA MAYENNE !
Monsieur JEAN YVES DELORT trouvera ici, et sans que pour celà il soit engagé par la ligne directrice de ce blog, un outil, lui permettant de faire connaitre ses analyses, ses points de vue et ses idées pour la MAYENNE...
Monsieur JEAN YVES DELORT mérite que nous lui offrions une tribune libre aussi longtemps qu'il le souhaitera !
Modifier les circonscriptions électorales en Mayenne :
un projet impossible

Tripatouillage, charcutage. : des qualificatifs souvent peu favorables ont accompagné les projets de réforme de circonscription électorale décidé par le gouvernement. La précédente remodelage lancé par Charles Pasqua avait aussi été sérieusement critiqué. Mais pourquoi tous ces projets de réforme sont ils toujours mal accueillis ?
La raison est simple : chacun souhaite que les circonscriptions électorales (c'est à dire le territoire que représente le député à l'Assemblée nationale) soient à la fois toutes égales en population et en superficie. Or c'est véritablement impossible.
Dans le système électoral que nous connaissons sous la Cinquième République depuis 1958 (à l'exception d'une brève tentative de rétablissement du scrutin proportionnel par François Mitterrand en 1986), chaque député représente un territoire. En Mayenne, il y a trois circonscriptions et donc trois députés. Pendant longtemps, il y eut un député du nord Mayenne, un du centre et un du sud Mayenne, ces trois territoires à peu près égaux correspondant aux arrondissements administratifs.
Le problème, c'est que la démographie de ces trois circonscriptions électorale a évolué ; la région lavalloise a connu une forte croissance. Comme dans de nombreuses autres départements français, ce déséquilibre a inquiété. Et l'on s'est mis en France à juger les députés au poids du nombre d'électeurs : tel député représentait une zone de 100 000 habitants et tel autre une zone de la moitié. Si aujourd'hui les circonscriptions électorales mayennaises respectaient les arrondissements, Guillaume Garot représenterait 140 000 électeur, Yannick Favenec 90 000 et Marc Bernier 60 000. Impossible à envisager.
On tenta alors de corriger ce déséquilibre en retirant des cantons aux circonscriptions démographiquement les plus importantes et en les attribuant aux circonscriptions plus modestes. C'est ainsi que les cantons de Chailland et surtout de Laval nord est ont été attribués à la troisième circonscriptions (nord Mayenne) tandis que que ceux de Pré-en-Pail ou de Villaines-la-Juhel étaient associés à Laval. De même les cantons de Meslay, Loiron, Ste Suzanne furent rattachés à la circonscription de Château Gontier. C'est la situation en 2009.
On aboutit alors à des circonscriptions qui ont des formes particulièrement bizarres. Et l'électeur y perd son latin. Le député de Pré-en-Pail, c'est Guillaume Garot, le maire de Laval et non Yannick Favernnec. Pour y tenir une permanence, il doit faire 140 kilomètres. Et l'on peut dire qu'il existe deux députés de Laval : Guillaume Garot, certes mais aussi Yannick Favennec qui a été élu par les électeurs des Pommeraies et du quartier de la gare.
La quadrature du cercle
On arrive donc ici à la quadrature du cercle : donner aux trois députés mayennais des territoires démographiquement égaux et à peu près semblables en superficie. Le récent projet examiné par le conseil des ministres pour les élections législatives de 2012 établit un redécoupage à la hache : le canton de Loiron passe du sud au Nord Mayenne, celui de Saint Berthevin passe dans le sud Mayenne ; le canton de Laval nord est (gare, Changé...) repasse dans l'escarcelle du député de Laval mais ce dernier perd le canton de Laval nord ouest (Hilard, Grenoux).
On aboutit donc toujours à des circonscriptions aux formes bizarroïdes : demain, Guillaume Garot s'il est réélu sera toujours le député de Pré en Pail et Marc Bernier (ou plutôt son successeur puisqu'il a indiqué qu'il comptait arrêter en 2012) sera le député d'une partie de Laval.
Et si Guillaume Garot n'était le député que de Laval Agglo ?
Il y aurait bien une solution pour arriver à trois circoncriptions égales sur le plan démographique. La Mayenne compte environ 300 000 habitants. On limiterait la première circonscription (celle de Guillaume Garot) à l'agglomération lavalloise qui compte 100 000 habitants, les deux autres députés se partageant tout le reste du département. (Nord et sud).
On voit tout de suite les limites d'un tel découpage : tandis que le député de Laval serait l'élu d'un territoire restreint, les députés du Nord et du sud Mayenne auraient certes des territoires de la même importance (100 000 habitants) mais ils devraient parcourir un très vaste territoire pour rencontrer leurs électeurs, assister aux réunions et manifestations, remettre des coupes ; de l'agenda de député ils passeraient à un agenda de ministre ! A moins de faire largement appel à leur suppléant (ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose). Notons quand même que leur territoire serait quand même moins grand que celui des sénateurs, des conseillers régionaux ou bien sur des députés européens.
Avec le régime électoral que nous connaissons (scrutin majoritaire à deux tours), on arrivera jamais à un bon système garantissant pour la Mayenne trois circonscriptions démographiquement égales et homogènes quant à leur superficie. Et toute tentative de modification du territoire sera forcément accusé de «charcutage» par l'opposition (de droite ou de gauche). On peut soit se satisfaire de cet état de fait.. soit rêver à un autre système comme le système proportionnel. Sans doute ce système peut paraitre plus juste (en fait seule une proportionnelle nationale serait vraiment juste)mais il éloigne l'électeur de son député. Et l'on a bien vu, lors des dernières élections européennes, que lorsque le représentant du peuple est trop loin de l'électeur, l'électeur a tendance à s'abstenir.
Jean Yves Delort
jean-yves.delort@orange.fr
ex-rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne
Laval le 3 août 2009