La MAYENNE des Jean Arthuis, Guillaume Garot, François Zocchetto et Yannick Favennec dans toute sa splendeur de REPUBLIQUE BANANIERE... où les pouvoirs économiques, politiques, sociaux...sont entre les mains d'une ultra-minorité d'acteurs qui se croient tout permis ! Le site évolue vers la défense des expulsés de certains C.H.R.S. parisiens, et l'actualité de la Tunisie 2ème pays natal du fondateur.
Les fondateurs avaient en commun d'être en bisbille avec leur municipalité. Alain Béchu, vendeur des matériaux anciens, n'a pas digéré d'être mal reçu quand il a racheté une ferme en ruine au bord de l'autoroute. Il dit qu'on lui aurait mis des bâtons dans les roues. À ses côtés: Bernard Clémenceau, le président de l'association. Ce plombier pense avoir été écarté des marchés publics.
Banzai ! Les deux hommes partent en croisade. Béchu s'arme d'un code rural et d'un code civil. Sa quête ? « Lutter contre les injustices. » Mais surtout, chercher des poux à l'ancienne municipalité, dirigée pendant trente ans par Philippe des Jamonières.
Le Hibou se fait envoyer les copies de tous les appels d'offres lancés par la commune pour en examiner la régularité. Il met le nez dans les ventes de terrains. Quand les documents ne lui arrivent pas assez vite, au culot ou à l'intox, il menace de saisir le conseil d'État, d'alerter les journalistes, le préfet.
Hibou, pas corbeau
Le résultat de ses recherches est diffusé via le site web bricolé de l'association et sur des milliers de tracts dont la commune est arrosée. Béchu glisse sur les pare-brise l'état hypothécaire du maire. Ambiance...
Le Hibou finit par relever ça et là des choses qui clochent. De quoi alimenter une longue plainte auprès du procureur, lequel a saisi la police judiciaire. Bilan : à l'automne, deux anciens conseillers municipaux ont été condamnés en correctionnelle. L'un pour travail dissimulé, l'autre pour prise illégale d'intérêt. En juin, l'ancien maire lui-même et l'un de ses adjoints ont été condamnés pour prise illégale d'intérêts et favoritisme (1). « Dans toutes les communes, on pourrait trouver des choses à redire, plaide un ancien élu écoeuré. Mais toutes n'ont pas un Béchu... »
« Je consacre 30 % de mon temps à l'association et du temps, j'en ai, fanfaronne le Hibou. L'hiver, c'est calme dans les matériaux anciens. » Le Hibou, c'est le genre de bonhomme qu'il vaut mieux ne pas avoir sur le dos. « Il est pugnace, tenace », résume une habitante avisée. Du style à vous téléphoner 20 ou 30 fois dans une journée, plusieurs jours de suite... « Ben quoi ? Je pose une question, je veux une réponse », sourit-il simplement.
« Le Hibou a changé Le Cellier, peste un ancien élu qui a pensé déserter sa commune. Il a monté les gens les uns contre les autres et fait régner le soupçon.» Ses ennemis le traitent de corbeau. « Hibou mais pas corbeau, rétorque-t-il. Je ne suis pas anonyme, y'a mon numéro et mon adresse sur les papiers. Je cherche juste à révéler la vérité. »
On vient trouver le fouineur comme s'il était avocat, juge ou médiateur. La municipalité refuse à un habitant de mettre du PVC à ses fenêtres ? Il déniche une autre maison qui en est pourvue et menace de faire venir des caméras...
Bavard, fantasque, ce trublion obsessionnel divise. Un policier : « Il est un peu farfelu, un peu mégalo. Mais au milieu de ce qu'il raconte, il y a parfois de vraies bonnes infos. » Qu'en pense la cible privilégiée du Hibou ? « Des rumeurs, du vent, dit en serrant les dents l'ancien maire, Philippe des Jamonières. C'est un oiseau de mauvais augure qui a mis une ambiance malsaine. Moi ? J'ai été traité comme un chien... »
Pas de quoi décourager Alain Béchu. Aux dernières élections, par principe, il a fait interrompre le scrutin pendant une heure : « On votait pas comme il faut. Les gens émargeaient avant de mettre leur bulletin dans l'urne. » Infernal on vous dit.
Thomas HENG.
(1) Le procureur et l'ancien maire ont fait appel.