Vous avez découvert que la rigueur annoncée au printemps par le gouvernement ne se traduit pas dans les faits.
Non, le compte n’y est pas. Le gouvernement a fixé l’objectif de réduire de 5% les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’intervention de l’Etat. Or nous constatons dans le projet de loi de finances que les premières baissent de 0,5% et les secondes, de moins de 1%. La rigueur promise n’est pas au rendez-vous. Au minimum, l’information du Parlement reste à compléter!
Pourquoi un tel écart entre le discours et les actes, selon vous?
Le discours était excellent, mais le passage à l’acte révèle une extraordinaire inertie de la sphère publique. Lorsqu’on examine une par une les dépenses concernées, on mesure la difficulté politique à les réduire, comme pour les niches fiscales. Il s’agit en effet de l’allocation adulte handicapé, de la formation, des aides à l’emploi, de l’aide personnelle au logement, les subventions pour les régimes spéciaux de retraite, la subvention à Réseau ferré de France, etc.
Y voyez-vous un manque de courage politique?
Nous commençons à devenir lucides, il nous reste à nous montrer courageux et équitables. Au fil des ans, gouvernements et législateurs ont répondu à des attentes catégorielles dans un système opaque. Pis encore, cet aveuglement provoque d’incroyables inégalités. C’est vrai pour les retraites comme pour les dotations aux collectivités territoriales. Rapportées au nombre d’habitants, ces dernières varient de un à quatre dans les départements et de un à dix-sept pour les communes.